Zoom sur la technique de la pêche électrique en rivière

La pêche électrique est un moyen efficace pour échantillonner et étudier un milieu aquatique à la suite duquel l’intégralité des poissons est relâchée dans son milieu naturel.

Cette technique de prélèvement peut être employée pour différents objectifs. Elle est utilisée lors de pêches de sauvetage, lors du suivi de la qualité des milieux ou dans un but scientifique.

En quoi consiste la technique de pêche électrique ?

Le but de la pêche électrique est de pouvoir capturer les poissons afin de :

– les étudier : détermination des espèces et de leurs densités, biométrie des individus, identification de pathologies, réalisation de campagne de marquage,…

– les préserver : les pêches électriques de sauvetage permettent de transférer les poissons d’un site à un autre, par exemple lors de la mise en assec d’un tronçon de cours d’eau ou de canal dans le cadre de travaux (en réponse aux obligations de la Loi sur l’Eau).

La technique est simple (voir illustrations ci-après), il s’agit d’attirer les poissons grâce à l’émission d’un faible champ électrique créé par une anode, en connexion avec une cathode mise à l’eau à proximité. Les poissons se trouvant à quelques m2 de l’anode seront attirés vers elle, et prélevés à l’aide d’une ou plusieurs épuisettes avant d’être déposés dans les seaux destinés au tri. Le matériel de capture est relié à une armoire électrique alimentée par un groupe électrogène (ou par batterie).

Une veille de l’état écologique des cours d’eau

Les poissons constituent un indicateur biologique de la qualité des milieux aquatiques et font l’objet de suivis réguliers sur les cours d’eau français.

Dans le cadre de la surveillance de l’état des écosystèmes aquatiques français suite à la Directive Cadre Européenne sur l’Eau, l’Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques (ONEMA) qui a aujourd’hui rejoint l’Agence Française pour la Biodiversité (AFB) a mis en place un suivi de l’état des peuplements piscicoles sur certains cours d’eau, étudiés chaque année, au sein du Réseau Hydrobiologique et Piscicole (RHP) grâce à la technique de pêche électrique.

Ce suivi permet d’acquérir des données pour garantir une veille des milieux aquatiques en identifiant la variation des peuplements, en déterminant la présence d’espèces protégées et/ou la présence d’espèces représentant des déséquilibres biologiques (classées nuisibles : perche soleil, poisson chat, écrevisse du Pacifique, écrevisse de Louisiane, écrevisse américaine).

Voici quelques illustrations issues de la campagne de pêches électriques réalisée cet été sur une centaine de stations en régions Nord-Pas-de-Calais, Picardie, Haute-Normandie, Basse-Normandie et Ile-de-France, avec l’équipe d’hydrobiologistes du bureau d’études Pedon Environnement et Milieux Aquatiques.

Pêche électrique

Echantillonnage à pied à 2 anodes

pêche électrique

Pêche électrique par points

Différentes méthodes d’échantillonnage

En fonction des objectifs de prélèvement (suivi de populations, inventaires piscicoles, …) et de la largeur et la profondeur du cours d’eau, il existe différents protocoles d’échantillonnage comme :

– un prélèvement exhaustif qui consiste à capturer l’intégralité des poissons d’un tronçon entre un point aval et un point amont (délimité par un filet). Cette technique est effectuée à pied.

– un échantillonnage par points réalisé à pied ou en bateau.

 Le protocole ainsi que le lieu de la station de prélèvement sont identiques à chaque campagne. La longueur de la station est définie en proportion de la largeur moyenne du cours d’eau.

Une fois échantillonnés, les poissons sont amenés aux équipes réalisant la « biométrie ». Chaque espèce sera déterminée et photographiée, et chaque individu pesé et mesuré.

Anguilles de la Seine

Biométrie

Epinoche

Epinoche

Brochet

Ecrevisse américaine

Les pêches sont réalisées dans le cadre d’un arrêté préfectoral. Le personnel est habilité pour la réalisation des échantillonnages, et muni de waders en néoprène, ainsi que de gants et gilets de sauvetage (à bord du bateau) afin de garantir sa sécurité.  Le travail d’équipe est coordonné pour garantir la survie des poissons entre le prélèvement et la remise à l’eau.

Après chaque pêche, le matériel est intégralement nettoyé afin de ne pas répandre des micro-organismes pouvant coloniser des milieux sains.

La communication des données aux gestionnaires publics et usagers

Les résultats des pêches sont transmis à l’AFB, qui aura veillé au bon déroulement de la campagne de prélèvements, et qui les mettra en ligne publiquement sur la plateforme d’informations NAIADES. Les gestionnaires locaux (Fédérations de pêches, AAPPMA,…) sont également informés des résultats.

 

TEXTE : ACM

ILLUSTRATIONS :  ACM / Pedon Environnement & Milieux Aquatiques

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